Une rencontre dans l'espace avec Priyanka Das

Rencontre inspirante

Une rencontre dans l'espace avec Priyanka Das

Chez Jamini, nous aimons partager avec vous nos découvertes marquantes et inspirantes. Nous sommes parties à la rencontre de Priyanka Das, une merveilleuse jeune femme qui nous vient de la région d’Assam, terre de notre créatrice Usha Bora et nous avons eu le plaisir d’échanger avec elle lors d’un instant magique.

Priyanka est une brillante artiste et scientifique qui est une véritable source d’inspiration pour beaucoup de femmes dans le domaine de la science. Ses connaissances en matière de navigation par satellite lui ont permis de travailler pour la société française de défense Safran, tout en préparant un doctorat en ingénierie aérospatial dans l’une des écoles les plus reconnues mondialement, l’ISAE-SUPAERO de Toulouse. La jeune scientifique effectue également des recherches qui permettraient d’installer des applications dans les véhicules autonomes pour maximiser les chances de survie en cas d’accident.

Nous avons interrogé Priyanka pour qu’elle nous en dise un peu plus sur son parcours, ses rêves et ses projets.

1. Qu’est ce qui vous a donné envie de vous tourner vers l’astronomie / ingénierie aérospatiale ?

Dès que j'ai commencé à observer le ciel, je me suis intéressée à l’espace. Je me suis toujours demandée quels mondes pouvaient exister au-delà de notre planète Terre - et comme j’aime particulièrement voyager, j’ai eu envie d’explorer ces mondes extraterrestres. L’espace est un univers qui me fait rêver et me permet d’atteindre les étoiles.

2. Racontez-nous votre parcours pour arriver à la femme que vous êtes aujourd’hui.

Comme la plupart des enfants, j’étais intéressée par beaucoup de choses et cela m'a pris du temps avant de savoir ce que je voulais faire dans ma vie. J’ai beaucoup hésité entre une carrière dans le milieu de l’art et du design ou dans l’espace en tant qu’astrophysicienne (à l’époque, je ne savais pas qu’il était possible de concilier les deux). J’ai alors décidé d’étudier la physique à l'université de Delhi, le St Stephen's College.

Par la suite, j’ai eu la belle opportunité de suivre un cursus à l’école polytechnique pour obtenir le diplôme d'ingénieur, ce qui me convenait parfaitement de par son programme pluridisciplinaire. J’ai étudié plusieurs matières allant de la biologie à l’informatique et j’ai fini par me tourner vers une première maitrise en science des données. J’ai ensuite obtenu une seconde maitrise en ingénierie aérospatiale, spécialisée dans les systèmes autonomes à la prestigieuse école d’ISAE-SUPAERO de Toulouse.

Durant cette période, j’ai également pris part à de fabuleux projets qui m'ont permis d’acquérir davantage d’expérience dans le domaine des sciences de l’espace. Je me suis également impliquée dans des projets sociaux en travaillant avec L’Oréal et l’UNESCO.

3. Expliquez nous en quelques mots votre métier.

J’étudie actuellement à l’école ISAE-SUPAERO de Toulouse et je travaille en parallèle pour l’entreprise Safran en tant qu’ingénieur de recherche pour mon doctorat.  Mon sujet de thèse porte sur l’étude des signaux de navigation provenant de systèmes satellites (comme le GPS) et leur fusion avec d’autres appareils de navigation physique afin d’obtenir une solution capable de fournir une position extrêmement précise de l'ordre du centimètre. Le GPS que nous utilisons aujourd'hui sur nos smartphones est rarement plus précis que quelques mètres.

Mon travail de recherche pourrait permettre des applications dans les voitures et les avions autonomes où les centimètres seront très précieux pour maximiser les chances de survie en cas d'accident.

Je suis également une artiste et certains de mes projets sont liés à l'art spatial !

Le Taj Mahal, peinture de Priyanka Das

4. Qu’est ce que vous aimez le plus dans ce que vous faites ?

L’espace est un domaine incroyable ! J’aime le fait qu’en tant que scientifique de l’espace, je peux être une physicienne, une informaticienne, une artiste, une combattante des droits des femmes et en plus je peux beaucoup voyager ! Ce qui est fantastique, c’est qu'à chaque nouveau voyage, je rencontre des gens qui ont réussi à combiner leur carrière avec ce qu'ils aiment faire; je trouve cela très inspirant.

5. Vous avez reçu le titre d’ambassadrice pour le programme L’Oréal-UNESCO pour votre initiative « pour les filles et la Science » (lancée en 2014 par la France pour encourager les femmes à se tourner vers les Sciences et la Technologie),pensez-vous qu’il y a des contraintes pour les femmes à choisir la voie des Sciences et de la Technologie ?

Il est regrettable qu’en 2019 nous n'ayons toujours pas assez de femmes dans les métiers des STIM (sciences, technologie, ingénierie et mathématiques). Il y a encore du chemin à parcourir en ce qui concerne l’équilibre hommes-femmes dans le domaine scientifique. Selon un rapport de l’UNESCO publié en 2015, les femmes ne représentent que 28% des chercheurs dans le monde. Je suis moi-même la seule femme dans mon équipe, et très peu de femmes sont professeurs.

6. A votre avis, pourquoi il y a-t-il moins de femmes que d’hommes dans cette industrie ? / Pourquoi les femmes ont plus de mal à se lancer dans une vocation scientifique ?

Il existe de nombreuses barrières qui dissuadent les femmes d’exercer cette profession, et des obstacles qui bloquent les progrès des femmes qui sont déjà dans le domaine scientifique. La société s'attend toujours à ce que les jeunes filles se comportent d'une certaine manière et beaucoup estiment que les femmes devraient toujours se destiner à être des femmes au foyer non rémunérées.

Pour vous donner un exemple, un jour un membre de ma famille du côté de ma mère lui a demandé  : "Votre fille a beaucoup de diplômes ... comment va-t-elle trouver un mari ?" Incroyable, n'est ce pas ?

7. Vous avez participé au concours «Act In Space» organisé par l’agence spatiale française CNES et vous avez obtenu fièrement la première place dans la région parisienne. Vous avez également été choisie pour le défi spatial Caltech parmi 32 jeunes scientifiques du monde entier. Expliquez-nous en quoi consiste ce défi.

Lors de ma première année à l'école polytechnique, j'ai participé à un événement appelé ActInSpace, organisé par le CNES (centre français d'études spatiales). Notre équipe a développé une conception de panneaux solaires inspirée de l'origami autour d'une sonde spatiale afin de faciliter son déploiement dans l'espace. Nous avons remporté le premier prix en région parisienne et sommes parvenus dans le top 5 au classement national.

Encouragée par le succès de mes projets, j'ai sauté sur l'occasion et j’ai déposé ma candidature au Caltech Space Challenge 2015, organisé par le California Institute of Technology en collaboration avec des scientifiques du Jet Propulsion Laboratory (JPL) de la NASA. J'y ai placé tous mes efforts mais j’ai quand même étais particulièrement surprise lorsque je fus nommée parmi les 32 sélectionnés du monde entier !

Le défi en lui-même consistait à simuler la planification d’une mission visant à envoyer des astronautes sur un astéroïde capturé et placé en orbite autour de la lune par la mission de redirection d’astéroïdes (MRA) de la NASA. Ce n'était pas juste du travail; nous avons aussi eu la chance de visiter JPL, de jouer au bière-pong avec les scientifiques de la NASA et de passer un bon moment !

8. Quels sont vos projets actuels et vos futurs ?

En octobre, je participe au congrès astronautique international à Washington DC, et pour l’événement, je suis parrainée par l'agence spatiale européenne. J’ai vraiment hâte !

Ensuite, je travaille sur un prototype pour la galerie de la lune - un projet d’envoie de 100 œuvres sur la Lune en 2022, mais avec un défi - les œuvres doivent occuper seulement 1 cm3 d’espace !

Enfin, je pars en Antarctique l'année prochaine dans le cadre de la 5ème cohorte de la Mission Homeward Bound pour les femmes en STEMM. Il s'agit d'un programme de leadership d'une durée d'un an visant à former les femmes à assumer davantage leurs rôles de leader et je suis extrêmement chanceuse d'avoir été choisie à un si jeune âge. Le programme se terminera par un voyage de trois semaines en Antarctique.

J'ai toujours rêvé d'y aller !

Le parc Yosemite, peinture de Priyanka Das

25/09/2019
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